| Conférence "Transplantation Rénale au Maroc : regards croisés"


La maladie rénale chronique : un enjeu majeur de santé publique au Maroc

La maladie rénale chronique constitue aujourd’hui l’un des plus grands défis de santé publique à l’échelle mondiale. Près de 850 millions de personnes seraient concernées, avec un impact sanitaire, social et économique en constante augmentation. Selon les projections, cette pathologie pourrait devenir d’ici 2050 la cinquième cause de mortalité dans le monde.

Le Maroc est pleinement concerné par cette problématique. On estime qu’environ trois millions de Marocains vivent avec une maladie rénale chronique à des stades plus ou moins avancés. En raison de l’évolution souvent silencieuse de la maladie, une grande partie des cas demeure non diagnostiquée, entraînant des retards de prise en charge et une progression vers l’insuffisance rénale terminale.

Aujourd’hui, plus de 40 000 patients sont traités par hémodialyse à travers le Royaume, et près de 3 500 nouveaux cas d’insuffisance rénale terminale sont enregistrés chaque année. Face à cette situation, les traitements de suppléance sont indispensables. Parmi eux, la transplantation rénale est reconnue comme la solution thérapeutique la plus efficace, offrant de meilleurs résultats en matière de survie et de qualité de vie.

Malgré ses bénéfices avérés, la transplantation rénale demeure peu développée au Maroc. En plus de trente ans, moins de 630 greffes ont été réalisées, révélant un écart important entre les besoins des patients et les capacités actuelles de prise en charge. Cette réalité ne s’explique pas uniquement par des facteurs médicaux, mais résulte d’un ensemble complexe de déterminants juridiques, religieux, socioculturels et organisationnels qui influencent la perception et l’acceptation du don d’organes.

C’est dans ce contexte que s’inscrit cette conférence, dont l’objectif est d’analyser les raisons du faible recours à la transplantation rénale au Maroc à travers une approche pluridisciplinaire. En croisant les dimensions médicale, juridique, religieuse et socioculturelle, elle vise à ouvrir le débat, à sensibiliser le public et les acteurs concernés, et à identifier des pistes d’action concrètes pour promouvoir la culture du don d’organes et améliorer l’accès à ce traitement vital.

Insérez un commentaire

Commentaires: 0